16 août 2007

Une nuit au ciel


Aucune nuit, dans aucun palace au monde, ne pourra être comparée au luxe inouï d'une nuit face au ciel, telle que j'ai pu la vivre.

Le camel man m'a donne une couverture qui sentait le suint, dont je me suis fait matelas. J'avais ma couverture personnelle, celle qui me suit partout. Quel confort ! Sur le haut de la dune, la tache sombre ce n'est pas une tombe mérovingienne, ni un cheval mort, c'est mon campement. Ayant eu l'avantage de partir sans compagnons de route, ce que j'avais voulu, je n'ai pas eu à subir la dégradation spatio-temporelle que génère immanquablement toute expédition de touristes, dès l'instant ou leur nombre est supérieur à deux.

Lorsque la nuit est tombée pour de bon, et que le chamelier a éteint les braises du feu du bivouac, la terre s'est renversée, elle a littéralement basculé. Le désert de Thar est soudain devenu une mince langue de sable, et le ciel a pris possession de tout l'espace disponible. Mes yeux n'étaient pas assez grands pour tant de ciel, et j'ai égrené le plus longtemps possible le chapelet de l'infini en comptant les étoiles, jusqu'aux derniers confins du sommeil, qui me poussait du mufle.

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