Debout sur le toit de sa maison, comme ses vingt millions de voisins, il attend la pluie. Normalement, elle devrait être la puisque dans le sous-continent indien, c'est l'époque de la mousson. Mais la pluie se fait désirer, le ciel gronde, les éclairs griffent le ciel, et puis les nuages se font la malle, prennent cliques et flaques sous le bras, et adieu, les lèvres entr'ouvertes déjà comblées par le baiser des gouttes, adieu, la douche gratuite pour tout le monde !
Hier soir, on en a été à deux doigts, de la pluie. La bourrasque a retourné la chevelure des arbres, chahuté les saris, emporté les sacs en plastique plus haut qu'ils n'auraient espérer monter avant d'être avalés par une vache. Le ciel s'est chargé de plomb, puis dans un sifflement de serpent, la ville est devenue d'un jaune extravagant et uniforme, comme à travers un de ces filtres colorés que l'on visse sur l'objectif d'un appareil photo. Des silhouettes phosphorescentes ramassaient prestement des marchandises illégales, des stropiats couleur de soufre se hâtaient vers on ne sait où. Les flamboyants, soufflés comme des bougies, s'étaient éteints. Un fil de tension reliait tous les humains frissonnants de nervosité, comme la mèche allumée d'une bombe. Et après tout ce prélude, une averse anémique est tombée, et s'est tout de suite évaporée. Sur la toile de fond sonore du fracas ininterrompu des Klaxon, de la gare de New-Delhi toute proche montait un rugissement lugubre de dinosaure blessé : le train de Vanarasi touchait les butoirs, vomissant une humanité titubante et quelque peu haineuse.
28 juil. 2007
Toujours pas de pluie pour New-Delhi
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1 commentaire:
A Paris les indiens habitent près de la gare du nord. En ce moment l’indien parisien peut s’admirer dans les reflets des trottoirs mouillés. La mousson s’est fait la malle, en vacances à Paris. Il pleuviote bêtement, banalement, comme un ivrogne qui pisse contre un mur de la gare du nord.
GLOB
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